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Discussion de février : la mort et vos enfants

oummi

où sont mes 7 nains????
#11
Re : Discussion de février : la mort et vos enfants

oui j ai vu sur les maternelles ce matin tres bien ...
 

briandhuet

Modé-Animatrice
Membre du personnel
#12
Re : Discussion de février : la mort et vos enfants

* A quelle occasion avez vous abordé le sujet et quel âge avaient les enfants ? La discussion et-elle née à la demande des enfants ?
Ca été une demande de leur part, sans occasion particulière au départ. Le sujet est revenu un peu plus précisémment lors de décès dans la famille.

* Y a t-il une dimension religieuse dans votre approche de la question ?
Pas du tout. Je ne crois pas en une quelconque religion.

* comment avez vous abordé la question : sous son aspect pratique (l'absence, l'enterrement), sentimental (expliquer vos sentiments, ceux de l'entourage..), croyance (vie après la mort ou néant, religion etc)

La question qui est venue, chez Eliott comme chez Chloé, a été "pourquoi on meurt ?". J'ai commencé à m'embourber dans les "parce qu'on est très vieux ou très malade" mais ça ne répondait pas à leur demande alors j'ai trouvé une réponse très pragmatique : "parce que sinon il y aurait trop de monde sur terre". Ils voulaient en réalité comprendre à quoi ça sert de mourir.
Après, j'ai perdu une tante il y a deux ans. elle était très malade et les enfants l'ont vue en maison de repos quelques semaines avant sa mort. L'enterrement était à 800km de chez moi, donc les enfants sont restés avec mon mari et j'y suis allée seule. Ils m'ont posé pas mal de questions sur comment ça se passe un enterrement, pourquoi on est triste. Ils ont eu aussi besoin de se rassurer (surtout Chloé qui est finalement plus anxieuse là-dessus) sur les causes de sa mort : elle était très malade, une maladie très très grave, pas un rhume ou une angine et que elle n'avait pas à s'inquiéter sur le reste de son entourage qui va bien.
Ils m'ont demandé "comment c'est quand on est mort ?" J'ai répondu qu'on en savait rien, parce que personne n'est revenu de la mort pour raconter. Que certains pensaient que on continuait à exister après la mort et que d'autres, comme moi, pensaient seulement que c'était fini. Que ils pourraient en grandissant se faire leur propre opinion là dessus.

* le sujet revient-il de temps en temps ?
Chez Eliott non. Pour l'instant je crois qu'il a les réponses qui lui conviennent et qu'il n'y pense pas.
Chez Chloé ça revient très souvent, et ça l'inquiète. Régulièrement le soir elle se relève et vient me dire qu'elle pense à devenir vieille et à la mort et que ça la fait pleurer. Elle ne veut pas devenir une vieille mémée (son expression) parce que ça veut dire que moi, sa maman, je serai morte. Elle pense aussi aux momies dans ces cas là (pas bien compris d'où elle sort ça...). Je ne veux pas lui mentir, lui dire que je ne mourrai jamais, mais je n'arrive pas à la rassurer ni à ce qu'elle tourne la page.
Tom est trop petit et n'a pas assez de langage pour qu'il rentre dans ce sujet.
 

Cilouna

Modé-Animatrice
Membre du personnel
#13
Re : Discussion de février : la mort et vos enfants

* A quelle occasion avez vous abordé le sujet et quel âge avaient les enfants ? La discussion est-elle née à la demande des enfants ?


Ma fille avait 4 ans quand elle a réalisé qu’elle n’avait pas de grand père paternel (décédé à 48 ans bien avant sa naissance). Elle a posé la question on a essayé de lui répondre le plus simplement possible.

* Y a t-il une dimension religieuse dans votre approche de la question ?

Non. On est agnostique. Quand pour la première fois ma fille m’a affirmé "on m’a dit que quand on est mort on va au ciel", j’ai eu beaucoup de mal à répondre. Au final je lui ai expliqué qu’il y avait des gens qui croyaient à ça et je lui ai passé en revue toutes les croyances autour de la mort, mais que ce n’était pas mon cas et que je pensais moi que étant mort, on n’était plus rien (c'est cash hein pour un enfant…). Bref, il est vrai que c’est difficile de parler de la mort avec un enfant et de trouver les mots justes. En tout cas, alors qu’au début cela me dérangeait que Lena ait une quelconque approche religieuse dans ses réflexions sur la mort, je me suis rendue compte que cela la rassurait alors je lui dis que si elle pense que c’est comme ça, c’est bien aussi ;)

* comment avez vous abordé la question : sous son aspect pratique (l'absence, l'enterrement), sentimental (expliquer vos sentiments, ceux de l'entourage..), croyance (vie après la mort ou néant, religion etc)

Quand j’abordais la question, je ne l’abordais pas vraiment je répondais juste ou réagissais aux questions et doutes de Lena. Jamais je n’aurais pris l’initiative de parler de la mort sans une demande de mon enfant, contrairement à d’autres thèmes comme par exemple la sexualité ou l’amour…Pas que la mort soit tabou mais parce qu’il est difficile d’en parler de manière inopinée.

Pour Lena qui était demandeuse et qui comme Chloé vers l’âge de 4 ans était super angoissée, la question principale était "mais où on va quand on est mort?". Comme je le disais plus haut, j’ai respecté ses croyances alimentées par des proches, même si les dires des proches ne me plaisaient pas parce que je trouvais qu’ils n’avaient pas à émettre d’avis sur un thème aussi difficile et que cela allait à l’encontre de nos croyances à nous….Mais soit. J'ai accepté, laissé dire, et laissé "croire". C’est un peu comme la religion, Lena me dit qu’elle croit en Dieu, j’ai laissé entendre que plus grande, elle pourrait se forger sa propre opinion mais que pour l’heure, je pensais qu'elle n'était pas définitive. Mais que quoiqu'il en soit, si elle croit en Dieu, y'a pas de problème on pouvait cohabiter!

Ensuite, toujours vers 4-5 ans, elle m’a dit un truc qui m’a complètement troublée et décontenancée, j’en avais une grosse boule dans la gorge et des larmes dans les yeux en imaginant son souhait se réaliser: "Maman, moi je veux mourir avant toi, comme ça je ne serai pas triste quand tu mourras parce que je ne le verrai pas." Et là, eh bien…je suis partie en live. Je lui ai expliqué que (je résume vite parce que en vrai, je me suis embourbée aussi) que normalement c’était les parents qui mourraient en premier, que c’était comme ça, dans l’ordre des choses et qu’il était hors de question qu’elle meurt avant moi. (je crois que j’ai utilisé cette expression "hors de question"! Tu parles d’une discussion constructive et sereine). Bref… J’ai carrément dû mal m’y prendre puisque les semaines qui ont suivi, elle était hyper angoissée et croyait que j’allais mourir le lendemain ! Je l’ai rassurée qu’il y avait quand même peu de risques mais j’ai tenu quand même à refaire passer le message que j’allais mourir avant elle, (j'essaie à chaque fois que je parle de ça de dire "mourir" même si le mot est moche, plutôt que "partir"), que ca arriverait normalement quand elle sera adulte, qu’elle sera triste parce que oui on est triste quand quelqu’un qu’on aime meurt, mais que la vie continuera…J’ai conscience que c’est un discours un peu trop difficile à entendre, à comprendre quand on a 4/5 ans mais je ne savais pas comment en parler et je ne voulais pas éluder parce que je trouve cela essentiel pour un enfant de savoir que les parents meurent avant les enfants et qu'ils auront à faire face à ce chagrin.

* le sujet revient-il de temps en temps ?

Le sujet est revenu quand j’avais annoncé trop tôt ma grossesse à Lena qui avait alors 6 ans et que j’ai fait ma fausse couche à 3 mois de grossesse. L’approche a été differente puisque on parlait d’un être qui avait cessé de se développer et donc était mort avant d’avoir vécu sur terre…Mais cela a soulevé d’autres questions…

Il revient aussi très régulierement car vivant dans une ferme avec plein de poussins et de poules, on a pas mal de mortalité…Mais il me semble que Lena est plus tranquille avec ça même si la mort d'un poussin la met dans tous ces états pendant quelques jours. Il me semble aussi qu’elle a reçu aussi toutes les réponses qu’elle attendait. On en parle peu en fait. C'était plutôt vers 4/5 ans qu'elle était obnubilée.

Reste que finalement, on a été bien épargné, on n’a pas vécu de deuil personnel, le seul cela a été le décès de mon B.P bien avant la naissance de Lena.
 

babouna

Elle a planté sa toile de tente dans un petit coin
#14
Re : Discussion de février : la mort et vos enfants

* A quelle occasion avez vous abordé le sujet et quel âge avaient les enfants ? La discussion et-elle née à la demande des enfants ?

Pour nous ca a été une question qui est venue de Leyla quand elle avait environ 4 ans. Car ma maman est décédée il y a longtemps, mais j'en parle dès fois. Donc une fois elle m'a demandé où elle était et si elle avait été malade...ca n'a pas été évident. Mais on lui a toujours raconté la vérité...enfin, ce qu'on croit nous être une vérité...


* Y a t-il une dimension religieuse dans votre approche de la question ?

Non, pas de dimension religieuse car nous ne sommes pas pratiquants, même si mon mari essaie d'y croire un peu. Par contre la dimension de partir au ciel est quand même venue, mais plus tard, au décès de mon papa, donc Leyla a presque 6 ans et avait besoin de plus de précisions car elle angoissait de se dire qu'on n'était plus rien après. Donc on lui a expliqué que notre âme s'envolait dans le ciel.


* comment avez vous abordé la question : sous son aspect pratique (l'absence, l'enterrement), sentimental (expliquer vos sentiments, ceux de l'entourage..), croyance (vie après la mort ou néant, religion etc)

Les questions ont fusé au décès de mon papa, et des questions assez pointues...pour ce qui est de l'enterrement, ils sont venus avec car avaient besoin de voir pour y croire je crois. On leur a toujours laissé libre choix de rester ou pas, et en entrant dans l'église Leyla a eu peur et a demandé à rester avec son parrain à l'arrière, et elle y est resté avec Nils. Ils sont venus voir le cercueil (fermé) à la fin et ont rigolé en disant que grand-papa était un biscuit, car il était dans une grande boite à biscuit.

Leyla est très curieuse de voire une personne décédée...mais on n'a pas voulu lui montrer, ca nous paraissait trop violent vu qu'elle est déjà hyper sensible et qu'elle angoisse déjà de mourir, mais elle nous en a voulu un moment même si elle n'en parle plus maintenant. Nils ne voulait pas voir, ca, c'est clair, il nous a dit qu'il avait peur de grand-papa car il était mort, mais n'a pas pu expliquer pourquoi. Leyla savait qu'on enterrait les personnes décédées, car un de ses petit copain de classe a perdu son papa brutalement il y a 4 mois. Elle nous a dit qu'elle voulait aller voir ou était grand-papa...mais il a été incinéré et ne voulait pas de tombe. Donc, pour lui répondre franchement "âmes sensibles s'abstenir"...j'ai continué sur le thème du biscuit...ca peut paraitre absurde, mais je lui ai expliqué que grand-papa était allé dans un grand four et que c'était devenu des petites cendres car il ne voulait pas rester dans la boite à biscuit...en lui disant simplement que c'est ce qui se faisait et qu'il ne sentait rien. Ils étaient morts de rire...bon...autant qu'ils le prennent comme ca...
C'est là qu'elle nous a demandé où il était LUI et qu'on lui a dit que quand on meurt notre âme s'envole et que notre âme, c'était tout ce qui fait qu'on est nous, qu'on peut vivre, parler, rigoler, s'amuser, qu'on ressent les choses, qu'on peut être joyeux, triste, etc. Et que le corps était juste une sorte d'emballage pour qu'on se voit et qu'on se reconnaisse.

Pour ce qui est des sentiments, je ne leur cache pas les choses. J'ai beaucoup souffert étant petite de parents qui voulaient tellement nous protéger que j'avais l'impression qu'il n'y avait pas de sentiments au final...donc voilà, on leur a dit que je serais triste, que c'était normal, même adultes car perdre quelqu'un qu'on aime, il faut un peu de temps pour en guérir, mais qu'on arrive toujours à en guérir. Ils m'ont vu souvent pleurer au début et étaient inquiets, en croyant que je serais toujours comme ca, on les a bien rassurés.
Leyla a peur, car elle avait peur qu'on meure et on lui avait dit qu'on allait vivre encore longtemps, et qu'on partirait quand on serait très vieux et qu'elle serait adulte, mais elle a su que le papa de son copain de classe est décédé comme ca (rupture d'anévrisme au cerveau...sans antécédents) et qu'il n'était pas vieux, ni malade. Donc sur ce point, pas évident...on lui a dit que ca pouvait arriver, mais que c'était très rare. Et là, c'est la cata ces temps car elle a une copine qui est aux soins intensifs depuis le début de l'année, et la suite n'est pas rassurante. Elle n'était pas malade du tout... Donc ca fait franchement beaucoup pour des enfants, ils ont été particulièrement touchés par plein de décès autour de nous depuis quelques mois...donc seul le temps pourra les rassurer là.

Et pour le décès de ma maman, Leyla m'a souvent demandé pourquoi grand-maman était parti au ciel, et qu'est-ce qu'elle avait comme maladie...car elle était jeune. Et là encore, on lui a expliqué qu'elle avait une maladie ou on est tellement triste qu'on ne sait plus comment faire pour vivre et qu'elle avait décidé de partir. Elle a su aussi comment elle avait fait car j'essayais toujours d'éviter de répondre, je ne voulais pas lui dire la vérité, et du coup elle questionnait de plus en plus souvent. Maintenant elle sait que grand-maman est partie en allant se mettre dans le lac qui était trop froid pour survivre et du coup, elle a compris et en parle de temps en temps, mais n'est pas choquée du tout...alors que je pensais que ca serait violent de lui expliquer ca. Comme quoi dès fois, les mots les plus simples les rassurent alors que les silences les angoissent...


* le sujet revient-il de temps en temps ?

Forcément, car c'est tout frais. Et vu tout ce qui se passe autour de nous ces temps, les peurs et les questions sont présents. Nils se réveille la nuit et pleure, il nous dit qu'il rêve qu'on était partis au ciel. Il ne pose aucune question lui, mais on voit que ca le travaille beaucoup la nuit.

Bon, j'ai été un peu longue, mais pas évident de synthétiser tout ca sur un sujet si particulier. Mais très intéressant. Merci pour le sujet d'ailleurs!!!
 

babouna

Elle a planté sa toile de tente dans un petit coin
#15
Re : Discussion de février : la mort et vos enfants

Je vois que le sujet ne provoque que peu d'envies de discussion. Dommage.